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Au procès Depardieu, la « victimisation secondaire » comme stratégie de défense

  • Photo du rédacteur: Florent DEPOILLY
    Florent DEPOILLY
  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture
Au procès Depardieu, la « victimisation secondaire » comme stratégie de défense

1. Qu’est-ce que la victimisation secondaire ?


C’est le fait pour une victime de subir une nouvelle forme de violence au cours du processus judiciaire : moqueries, soupçons, propos humiliants… Cela peut être aussi traumatisant, voire plus, que l’agression initiale.



2. Comment s’est manifestée cette victimisation dans le procès Depardieu ?


L’avocat de l’acteur a traité les plaignantes de “menteuses”, “vénales”, “hystériques”, en criant notamment : « Il y a quelqu’un qui ment ici, et ce n’est pas mon client ! ». Une des plaignantes a dit que le procès avait été plus violent que l’agression elle-même.



3. Est-ce une stratégie fréquente dans les procès de violences sexuelles ?


Oui. C’est une technique de défense courante : retourner l’accusation en discréditant la victime. L’objectif est souvent de créer le doute ou de démoraliser la partie civile.



4. Pourquoi c’est problématique ?


Parce que ça envoie un message dissuasif aux victimes : « Si tu portes plainte, tu seras détruite à la barre. » Ça participe à la peur de parler et à la sous-déclaration des agressions sexuelles.



5. Que fait la justice pour encadrer ce genre de comportement ?


Pas assez, selon plusieurs avocats. Lors de ce procès, le tribunal n’a pas réagi face aux propos de la défense, et l’ordre des avocats est resté silencieux, ce que dénoncent plus de 200 avocats dans une tribune.



6. Est-ce que cette stratégie peut faire reculer la libération de la parole ?


Pas selon certains avocats. Ils estiment que malgré les défaillances, de plus en plus de victimes savent que le système judiciaire peut les aider, et continuent de témoigner.



7. Y a-t-il un cadre européen sur ce sujet ?


Oui. La victimisation secondaire est reconnue dans une directive européenne adoptée en 2024, et la Cour européenne des droits de l’homme a rendu plusieurs décisions pour protéger les victimes pendant les procès. Mais selon les avocats, ces principes ne sont pas encore appliqués concrètement dans les tribunaux.

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