Une interdiction déjà en place depuis 2018

Depuis 2018, les collégiens n’ont pas le droit d’utiliser leur téléphone portable. Une centaine d’établissements ont testé une « pause numérique ». Cette mesure consiste à isoler les téléphones de l’arrivée au départ des élèves.

Le plan « Portable en pause »

La ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, a annoncé la généralisation du plan « Portable en pause ». Chaque établissement devra choisir comment collecter et conserver les appareils. Cette règle complète la loi de 2018 en allant plus loin : les portables seront mis à l’écart toute la journée scolaire.

Les premières expérimentations

L’an dernier, 100 collèges ont testé divers systèmes auprès de 32 000 élèves. Le collège Arthur-Rimbaud de Latillé (Vienne) a écarté les casiers, trop coûteux, et choisi des pochettes verrouillées fabriquées en France.

Les pochettes verrouillées

Les pochettes se ferment grâce à un système aimanté et empêchent toute utilisation du portable. Elles coûtent 7 € l’unité, à la charge des familles. Cependant, certains parents hésitent, car le téléphone permet aussi de géolocaliser leurs enfants.

Des résultats visibles

Selon le principal du collège de Latillé, 95 % des problèmes liés aux téléphones ont disparu. Avant, l’équipe confisquait dix appareils par semaine ; aujourd’hui, à peine dix par an. Néanmoins, seuls 20 % des enseignants notent une amélioration en cours.

Des casiers déjà en place dans la Marne

Au collège du Mont d’Hor (Marne), les 500 élèves disposent chacun d’un casier. Le dépôt des portables est donc fluide. Pourtant, les enseignants n’ont pas vu de différence majeure dans la conduite des cours.

Effets positifs en sortie scolaire

Lors des voyages scolaires, les élèves passent plusieurs jours sans téléphone. Les interactions sociales s’améliorent et l’écoute aussi. Cette expérience permet d’aborder le thème de l’addiction aux écrans avec élèves et parents.

Plus de sérénité au quotidien

Dans l’Indre, un principal a constaté une baisse des vols de téléphones. Les élèves sont plus sereins et la majorité des parents se disent satisfaits. La vie scolaire n’a plus à gérer les portables pendant la pause de midi.

Des difficultés de mise en œuvre

Tous les collèges ne sont pas prêts. Certains évoquent un coût trop élevé pour installer des casiers. D’autres craignent une organisation chronophage qui exigerait plus de surveillants.

Une généralisation progressive

Un rectorat reconnaît que la mise en place prendra du temps. Pour la rentrée, le ministère demande seulement d’ouvrir un dialogue avec la communauté éducative. Chaque collège devra définir ses modalités d’ici la fin de l’année civile.

Les effets revendiqués par le ministère

Le ministère de l’Éducation affirme que l’expérimentation a amélioré le climat scolaire et réduit les cas de cyberharcèlement. Toutefois, aucune donnée chiffrée n’a été publiée pour appuyer ces affirmations.

Des critiques syndicales

Le syndicat SDPEN-Unsa (Syndicat des Personnels de Direction de l’Éducation nationale) estime que la loi de 2018 suffit. Il juge le nouveau dispositif coûteux et compliqué à gérer pour les chefs d’établissement.

Un coût national important

L’organisation Départements de France a évalué le coût des casiers à 125 millions d’euros. Les conseils départementaux, déjà contraints sur d’autres budgets éducatifs, peinent à financer cette mesure.