Le château de Versailles possède un carnet de croquis très rare du peintre Jacques-Louis David, célèbre pour ses tableaux de la Révolution française comme Le Serment du Jeu de paume. Ce carnet a été acheté en 1951 par le musée auprès d’un marchand d’art allemand. Mais une enquête de Radio France vient de révéler que ce carnet avait été volé par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il figurait même sur une liste officielle d’objets pillés envoyée en 1945 à la Commission de récupération artistique, qui devait aider à rendre les biens spoliés à leurs propriétaires.
L’histoire a refait surface grâce à un descendant du propriétaire d’origine, qui a alerté les journalistes. En fouillant les archives, ils ont découvert que le carnet avait été vendu aux enchères à Munich en 1943, puis revendu à Versailles en 1951 pour 350 000 anciens francs (environ 10 000 euros). Aucune vérification sérieuse n’avait été faite par le musée avant l’achat. Le château de Versailles et le ministère de la Culture reconnaissent aujourd’hui que ce carnet correspond bien à celui signalé comme spolié et promettent de poursuivre les recherches et d’engager des discussions avec les héritiers.

Cette affaire met en lumière un problème plus large. Pendant l’Occupation, Versailles a acquis des milliers d’œuvres dans des conditions à risque, mais n’en a restitué qu’une seule depuis des décennies. Les spécialistes estiment que beaucoup d’objets dans les musées français pourraient encore avoir une provenance douteuse. Le ministère affirme qu’un travail de vérification est en cours, mais il avance très lentement, ce qui inquiète les familles et les associations.
En résumé : un carnet de croquis de Jacques-Louis David, acheté par Versailles en 1951, avait été volé par les nazis. Le musée et l’État disent qu’ils ignoraient son origine et promettent maintenant d’enquêter et de dialoguer avec les descendants.
