Des comptes déficitaires

Les comptes publics français restent déficitaires cette année. Autrement dit, les dépenses des administrations publiques excèdent les recettes. A vrai dire, la France n’a pas connu de budget excédentaire depuis l’impact du premier choc pétrolier de 1973.

Un déficit public élevé

Le déficit public français a atteint 5,8 % du PIB en 2024. Et le gouvernement vise à le limiter à ce niveau pour 2025. Mais cela n’est pas suffisant. La Cour des comptes encourage le gouvernement à ramener le déficit sous 3 % du PIB d’ici 2029. L’objectif est d’assurer la soutenabilité de la dette.

Situation de surendettement

François Bayrou a averti que la France est au bord du surendettement lors de sa conférence de rentrée. Pour affirmer cela, il s’appuie sur les données de l’Insee indiquant que la dette publique française s’élève à 3 345,8 milliards d’euros au premier trimestre 2025, soit 114 % du PIB, en légère augmentation par rapport à fin 2024.

La dette publique française augmente de plus de 5 000 euros par seconde.

Résultat : la France possède le troisième niveau d’endettement le plus élevé de l’Union européenne. Mais l’Italie et la Grèce, avec des dettes plus élevées, font des efforts d’assainissement que la France ne réalise pas.

La dégradation budgétaire de la France est une singularité nationale et non une crise européenne. En réalité, le pays se remet d’une « gueule de bois » post-Covid, avec des mesures budgétaires permanentes adoptées sans considération pour leur financement.

La charge de la dette…

La charge d’intérêt de la dette coûtera 66 milliards d’euros à la France cette année, selon François Bayrou. Mais certains alertent déjà sur une possible augmentation de ce poste jusqu’à 100 milliards d’euros.

En 2018, la France ne payait que 35 milliards d’euros d’intérêts sur sa dette.

Pire, la charge de la dette deviendra le poste budgétaire le plus important de la Nation cette année. Ainsi, les remboursements annuels de la dette dépasseront les budgets réunis de l’Éducation nationale et des Armées.

L’alourdissement de la charge d’intérêt s’explique principalement par la hausse du taux d’emprunt à 10 ans de la France depuis 2021, approchant 3,5 %. Ce taux dépasse même celui de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce, et se rapproche dangereusement de celui de l’Italie.