Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran possède environ 440 kg d’uranium enrichi à 60 %, un niveau très proche des 90 % nécessaires pour une arme nucléaire. Ce stock suffirait, s’il était porté à 90 %, à fabriquer 8 à 10 bombes atomiques. Le passage de 60 % à 90 % est techniquement rapide, et Téhéran dispose déjà de milliers de centrifugeuses avancées. Le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi, a averti en avril que l’Iran « n’est pas loin » de disposer de la bombe, car il a « toutes les pièces du puzzle ».

Cependant, franchir le seuil militaire ne se limite pas à enrichir l’uranium : il faut aussi concevoir une ogive et l’intégrer à un vecteur, ce qui reste un défi technique. Les services occidentaux estiment que l’Iran pourrait produire la matière fissile pour plusieurs armes en quelques semaines, mais aucune preuve ne confirme un programme actif de militarisation. Les frappes israéliennes et américaines de juin ont ralenti ses capacités, sans les détruire.

En résumé : l’Iran est au seuil nucléaire, mais la décision politique et la phase d’armement restent incertaines.