Le projet Neom, présenté en 2017 par le prince héritier Mohammed ben Salmane comme la vitrine de la Vision 2030, devait incarner une révolution urbaine en Arabie saoudite.
Sa pièce maîtresse, « The Line », était conçue comme une ville linéaire de 170 kilomètres, haute de 500 mètres, abritant plusieurs millions d’habitants dans un environnement sans voitures et alimenté par des énergies renouvelables.
Mais la réalité est bien différente : face à l’explosion des coûts et aux incidents sur le chantier, la longueur prévue a été réduite à 2,4 kilomètres, selon Bloomberg !

Cette réduction drastique a entraîné l’abandon de plusieurs partenariats stratégiques, dont celui avec EDF. L’énergéticien français avait remporté en 2024 un contrat pour concevoir une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage, destinée à stocker l’énergie solaire et éolienne.
Le projet, baptisé Nestor, prévoyait de dessaler l’eau de la mer Rouge et de la transporter par pipeline jusqu’au désert, un défi technologique inédit.
Mais en mars 2025, EDF a reçu un courrier officiel annonçant la rupture du contrat : Neom privilégiera désormais un mix photovoltaïque, éolien et batteries.
Les raisons de ce revirement sont multiples. Le coût initial estimé à 500 milliards de dollars a explosé pour atteindre 8,8 trillions, selon des sources industrielles ! À cela s’ajoutent des incidents graves sur le chantier et des critiques croissantes sur l’empreinte écologique du projet, évaluée à 1,8 milliard de tonnes de CO₂ pour la construction.
Des ONG dénoncent également des violations des droits humains, notamment des expulsions forcées de la tribu Howeitat, dont certains membres ont été condamnés à mort pour avoir refusé de quitter leurs terres.
Chez EDF, la décision suscite des sentiments partagés. Si certains ingénieurs regrettent la perte d’un défi technologique majeur, d’autres y voient une libération, estimant que le projet était en contradiction avec les engagements climatiques de l’entreprise.
Entre 30 et 40 salariés du centre d’ingénierie hydraulique de La Motte-Servolex (Savoie) travaillaient sur ce projet depuis plusieurs années. Ils pourront désormais se consacrer à des projets internes ou internationaux jugés plus conformes aux objectifs de durabilité.
