❓ Qu’est-ce qu’une dissolution ?

La dissolution de l’Assemblée nationale est une procédure prévue par l’article 12 de la Constitution française. Elle permet au Président de la République de mettre fin au mandat des députés avant son terme et de convoquer de nouvelles élections législatives.

Celles-ci se tiennent dans les 20 à 40 jours suivants.

L’Assemblée est l’une des deux chambres du Parlement français, chargée de voter les lois et de contrôler le gouvernement.


🎯 À quoi sert-elle ?

Elle peut être utilisée pour sortir d’une impasse politique, notamment en cas de majorité introuvable ou de blocage institutionnel.

Cela peut également servir à redonner la parole aux électeurs pour clarifier les rapports de force politiques.

Ou encore renforcer ou renouveler la légitimité du gouvernement en place. C’est une arme puissante, mais risquée, car les élections peuvent changer la composition de l’Assemblée et affaiblir le Président.


🗓 Pourquoi en parle-t-on en ce moment ?

La question de la dissolution est revenue sur le devant de la scène car :

Le gouvernement de François Bayrou sera soumis à un vote de confiance le 8 septembre 2025.

Plusieurs partis d’opposition (RN, LFI, PS, Écologistes, PCF) ont annoncé qu’ils voteront contre la confiance, ce qui pourrait entraîner la chute du gouvernement.

En cas de démission du Premier ministre, Emmanuel Macron devra nommer un nouveau chef du gouvernement, mais n’est pas obligé de dissoudre l’Assemblée.

Le Rassemblement national pousse pour une nouvelle dissolution, espérant obtenir une majorité absolue en cas d’élections anticipées.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a déclaré qu’il ne fallait pas écarter cette hypothèse, même si Emmanuel Macron ne l’a pas encore confirmée.


⚠️ Est-ce automatique ?

Non. La dissolution est une décision discrétionnaire du Président. Même si le gouvernement tombe, il peut choisir de ne pas dissoudre et simplement nommer un nouveau Premier ministre.


Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il dissout l’Assemblée en 2024 ?

En juin 2024, après les élections européennes où son parti (Renaissance) a subi une lourde défaite face au Rassemblement national (RN), Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée. Cela a mené à des élections législatives anticipées les 30 juin et 7 juillet 2024.

L’objectif était de « clarifier » la situation politique et d’éviter un blocage, mais le résultat a été une Assemblée sans majorité absolue : le Nouveau Front populaire (gauche) en tête, suivi du camp présidentiel et du RN.


La dissolution est-elle courante en France ?

Pas vraiment. Depuis 1958 (début de la Ve République), il y a eu cinq dissolutions : en 1962, 1968, 1981, 1988 et 1997, avant celle de 2024. Elles ont souvent été utilisées pour consolider une majorité ou résoudre des crises, avec des résultats variables (succès pour de Gaulle en 1962 et 1968, échec pour Chirac en 1997).