Envoyer de l’argent liquide par courrier semble simple, mais c’est une pratique strictement encadrée. En France, La Poste interdit l’envoi de billets et de pièces par ses services. Pourtant, certains continuent de le faire, au risque de lourdes sanctions.

Alors, que dit la loi ? Et pourquoi un bijoutier a-t-il été condamné pour avoir envoyé 200 000 dollars à sa mère en Alsace ?


Que dit la réglementation ?

Depuis la réforme du Code des Postes en 2013, l’envoi d’argent liquide par La Poste est interdit. Les billets et pièces font partie des objets prohibés, au même titre que les stupéfiants ou les contrefaçons.

Cette règle vise à limiter les vols, mais aussi à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

En cas de perte, aucun remboursement n’est possible.

Et si tu transportes ou expédies physiquement de l’argent liquide (par exemple dans tes bagages ou par un transporteur), qui franchit les frontières, la loi t’impose alors de déclarer toute somme supérieure à 10 000 € aux douanes.


Quelles alternatives légales ?

Pour transférer de l’argent, plusieurs solutions existent : mandat cash, virement bancaire ou envoi de chèque par courrier recommandé. Ces options permettent un suivi et une indemnisation en cas de problème.

Elles sont aussi conformes aux obligations légales en matière de traçabilité.


Actualité : 200 000 dollars interceptés en Alsace

En 2023, les douaniers de l’aéroport d’Entzheim, près de Strasbourg, découvrent 200 000 dollars en espèces dans des enveloppes envoyées depuis la Floride. L’argent était destiné à la mère d’un bijoutier vivant aux États-Unis. L’homme explique avoir agi par peur des gangs locaux.


Le tribunal de Colmar l’a condamné à huit mois de prison avec sursis et 13 679 euros d’amende. Sa mère a écopé, quant à elle, de quatre mois avec sursis. Le bijoutier a été relaxé pour blanchiment, mais reconnu coupable d’infraction douanière.


Un rappel à la loi

Cette affaire illustre les risques liés à l’envoi d’argent liquide. Outre la perte financière, les sanctions pénales peuvent être lourdes.

Les autorités rappellent que tout transfert important doit passer par des circuits bancaires ou des services agréés pour rester dans la légalité.