Alors que la France s’apprête à appliquer son budget 2026, un amendement fait polémique : l’impôt sur la fortune improductive, qui inclut désormais les contrats d’assurance-vie en fonds euros. Cette mesure, votée le 31 octobre, pourrait rapporter 400 à 500 millions d’euros mais coûter jusqu’à 6 milliards par an en surcoût pour la dette publique, selon Gérard Bekerman, président de l’Association française d’épargne et de retraite.

En effet, les fonds euros, loin d’être « improductifs », financent 57 % des entreprises françaises et 30 % des dettes souveraines. Taxés à 1 %, ils deviendraient moins attractifs que le Livret A, poussant les épargnants vers des placements plus risqués.

Ainsi, l’impôt sur la fortune improductive devrait rapporter 400 à 500 millions d’euros par an à l’État. C’est le gain fiscal direct. Mais en taxant l’assurance-vie, on la rend moins attractive. Or, ces fonds financent massivement la dette publique. Si les épargnants retirent leur argent, l’État devra emprunter ailleurs, à des taux plus élevés. Ce surcoût est estimé à jusqu’à 6 milliards d’euros par an en intérêts supplémentaires.

Philippe Juvin, rapporteur du budget, dénonce une mesure « floue et dangereuse », tandis que la Fédération Française de l’Assurance parle d’« imposture économique ». Un paradoxe : l’État fragilise son propre financement.

L'impôt sur la fortune improductive
 

Pendant ce temps, la Pologne accélère son réarmement face à la Russie. Avec 212 000 soldats aujourd’hui et 4,7 % du PIB consacré à la défense, Varsovie vise 300 000 hommes et 1 100 chars d’ici 2030, devenant la plus grande armée d’Europe. Ce plan inclut des milliers de chars, des avions de combat et des systèmes anti-missiles. « Face à Poutine, mieux vaut trop de tanks que trop de regrets », glisse un officier polonais. Mais le recrutement peine à suivre, malgré une campagne massive et des incitations financières. Un record dans l’OTAN, qui bouleverse l’équilibre militaire européen.

 

Sur le front climatique, la COP30 s’est ouverte à Belém, au Brésil, sous un constat glaçant : « Il est désormais presque inévitable que le réchauffement dépasse 1,5 °C », avertit James Skea, président du GIEC. L’Europe a déjà franchi ce seuil avec +2 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Les plans actuels mènent à +2,3 à +2,5 °C d’ici 2100, loin des objectifs de l’accord de Paris. Pour limiter les dégâts, il faudrait réduire les émissions mondiales de 55 % d’ici 2035, contre 15 % seulement avec les engagements actuels.

« Chaque fraction de degré évitée réduit l’aggravation des dommages », rappelle le Programme des Nations unies pour l’environnement.

 

Dans le même temps, la bataille pour la COP31 s’intensifie : l’Australie et la Turquie se disputent l’organisation du sommet 2026. Canberra refuse la co-présidence proposée par Ankara, invoquant les règles de l’ONU. Faute d’accord, la conférence pourrait se tenir par défaut à Bonn, en Allemagne. L’Australie veut mettre en avant la vulnérabilité des îles du Pacifique, tandis que la Turquie plaide pour « renforcer le multilatéralisme ». Un bras de fer inédit qui révèle les tensions diplomatiques autour du climat.

 

Sur le terrain géopolitique, Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky ont signé à Villacoublay une lettre d’intention pour l’achat par Kiev de 100 Rafale et de systèmes de défense aérienne SAMP-T. « Ce sera le plus grand système de défense aérienne au monde », promet Zelensky. L’accord, étalé sur dix ans, inclut radars, drones et armements associés. Une étape stratégique pour l’Ukraine, qui veut reconstruire son aviation laminée par quatre ans de guerre.

Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron le 17 novembre 2025 à Velizy-Villacoublay
 

Aux États-Unis, Donald Trump crée la surprise dans l’affaire Jeffrey Epstein : après avoir freiné la publication des dossiers, il appelle désormais les Républicains à voter pour leur divulgation, dénonçant un « canular démocrate ». Ce revirement intervient après la fuite d’e-mails affirmant que Trump « savait à propos des filles » agressées par Epstein. Le président cible désormais Bill Clinton et Larry Summers, réclamant une enquête fédérale. Un volte-face qui divise son camp et relance un scandale explosif.

 

Au Chili, le premier tour de la présidentielle débouche sur un duel inédit : Jeannette Jara, communiste modérée, affrontera José Antonio Kast, ultraconservateur, le 14 décembre. Jara obtient 26,7 % des voix contre 24,1 % pour Kast, mais les sondages la donnent perdante au second tour. « Ne laissez pas la peur endurcir vos cœurs », plaide Jara, alors que la criminalité, en hausse de 76 % pour les enlèvements depuis 2021, domine la campagne. Kast promet de « reconstruire » le pays et séduit une droite radicalisée.

 

Enfin, au Proche-Orient, Donald Trump évoque désormais la création d’un État palestinien dans son plan pour Gaza, mais Benyamin Netanyahou reste inflexible : « Notre opposition n’a pas changé », martèle-t-il avant un vote crucial à l’ONU. L’extrême droite israélienne menace de quitter la coalition si cette option est retenue. Le projet américain prévoit aussi une force internationale et un comité de paix présidé par Trump jusqu’en 2027, sur fond de cessez-le-feu fragile à Gaza.