En droit français, la grâce présidentielle est une prérogative exclusive du chef de l’État, prévue par l’article 17 de la Constitution. Elle consiste à dispenser totalement ou partiellement un condamné d’exécuter sa peine, sans effacer la condamnation. Une fois le décret signé par le président et contresigné par le Premier ministre et le garde des Sceaux, la mesure s’impose juridiquement. Il n’existe aucun mécanisme légal permettant au bénéficiaire de « refuser » la grâce : elle s’applique automatiquement, même sans son consentement.

En pratique, un condamné peut manifester publiquement son désaccord ou continuer ses recours judiciaires, car la grâce n’interrompt pas les procédures d’appel ou de révision. Mais il ne peut pas empêcher la mesure d’entrer en vigueur. Autrement dit, si Emmanuel Macron décidait de gracier Nicolas Sarkozy, ce dernier ne pourrait pas bloquer la décision, même s’il la juge contraire à son honneur.